Avant la chaîne YouTube, avant les podcasts et les webcams, il y a eu Maurienne TV : la première télévision locale de la vallée, née en 2006 d’un stage de formation vidéo et d’une belle énergie collective : une fantastique collaboration, qui dure depuis, entre une Communauté de communes et une association de bénévoles, au service d’une seule et même vallée.
2006 : un stage vidéo, le Tour de France et une bibliothèque
Tout part d’une initiative de l’Association Cantonale d’Animation, l’ACA, ancêtre de l’actuelle Fourmilière. Objectif du stage : filmer les coulisses de l’arrivée et du départ d’une étape du Tour de France en Maurienne.
Le quartier général est l’ancienne bibliothèque d’Hermillon, prêtée par la mairie. C’est là que le groupe passe ses soirées à apprendre le cadre, le son et le montage. Alain, Josette, Pascale, Gib, José, Alex et deux lycéens, encadrés par un formateur surnommé « Lapin ».
Le stage devait durer quelques mois. L’équipe, elle, n’a jamais cessé de tourner.
2007 : un projet de chaîne pour toute la vallée
Dès la création de l’association, le 6 mars 2007, l’équipe imagine déjà un média à l’échelle de toute la Maurienne, pas seulement un stage de formation. Le projet, baptisé « La Fibre Mauriennaise, vecteur d’images », est présenté sous forme de dossier complet : les besoins (connaître et faire connaître la vallée, diffuser sur le câble et sur Internet, archiver le patrimoine et l’actualité), les intérêts pour le territoire (économie, tourisme, industrie, commerce, mais aussi social, partage, solidarité, pédagogie), les moyens humains et techniques nécessaires, un synoptique de la chaîne de production, une structure juridique encore à trancher, et une liste de partenaires potentiels à travers toute la vallée.

Le dossier « La Fibre Mauriennaise, vecteur d’images », présenté en 2007.
Gib est l’un des piliers de cette première équipe. Il consacre une bonne partie de son temps personnel, pendant une période de chômage, à produire du contenu pour ce projet naissant.
Dès 2007, l’équipe couvre de grands événements de la vallée : le dévoilement de l’Aura, l’œuvre de land art collective de Sainte-Marie-de-Cuines (42 000 pièces en aluminium réalisées par des habitants du monde entier, portée par l’association Solid’Art Maurienne et révélée le 22 septembre devant 20 000 personnes), la Semaine Bleue à Saint-Jean-de-Maurienne, et un tournage au Salon du livre d’Hermillon (le premier studio de fortune monté pour l’occasion, avec l’IUT de Chambéry, est raconté en détail sur la page consacrée à ce salon).
Le 27 novembre 2007, un article du Dauphiné Libéré annonce que « Maurienne TV est née » : la Communauté de communes Cœur de Maurienne diffuse déjà, sur les sites de Cœur de Maurienne, de la ville de Saint-Jean-de-Maurienne et du Syndicat du pays de Maurienne, des reportages réalisés par l’association, alors « La Fibre Mauriennaise ». Au programme de ces premiers numéros : Carmina Burana, l’Aura, et un reportage sur la descenderie du tunnel ferroviaire Lyon-Turin à Saint-Martin-la-Porte. Une diffusion sur le câble local est déjà à l’étude.

Il faut se rappeler qu’en 2007, YouTube n’existait en France que depuis quelques mois : sa version française n’a été lancée par Google que le 19 juin 2007. L’idée d’une chaîne de vallée diffusée sur Internet était donc, à l’époque, presque aussi neuve que la plateforme elle-même.
2008-2009 : le matériel de fortune, le Char d’Osset, Souvenance
Les tournages continuent, avec les moyens du bord : des écrans de récupération, d’autres achetés, un ordinateur acheté. La caméra utilisée, elle, appartient encore à Gib à titre personnel, et Alex teste aussi de son côté avec son propre appareil photo.
Cette période voit l’équipe couvrir le minage du Char d’Osset en 2008, puis lancer, en 2009, le projet Souvenance pour recueillir en vidéo la mémoire des habitants d’Hermillon : le détail de ces deux années est raconté sur la page Notre histoire, année par année.
2010 : la chaîne est lancée, un premier studio à fond vert
Le 6 avril 2010, à 19h30, la chaîne « Maurienne TV » est officiellement lancée par la Communauté de communes Cœur de Maurienne, en partenariat avec la Sorea (le réseau câblé de Saint-Jean-de-Maurienne, canal 10) et l’association. Présente depuis la mi-mars sur Internet (www.maurienne.tv), la chaîne diffuse désormais un magazine hebdomadaire, « Maurienne Mag », trois fois par jour.
Le matériel (disques durs, écrans…) appartient cette fois à l’association. Gib est embauché par la Communauté de communes : c’est le premier salarié. Les bénévoles s’occupent de tout le reste, la technique, la communication, et surtout les interviews, Pascale en particulier. L’équipe fabrique aussi son premier studio à fond vert.








Le lancement de Maurienne TV et ses premiers mois, en photos et en coupures de presse (2010).
Rémi, alors stagiaire pour la Communauté de communes, prête déjà main forte : il deviendra vite le second salarié de la chaîne.
2011 : déménagement à Créapole, un an de chaîne
Le 24 février 2011, l’équipe déménage à la pépinière d’entreprises Créapole, à Saint-Jean-de-Maurienne, où elle monte de ses mains le fond vert du nouveau studio. Le 11 avril, la chaîne fête sa première année sur place. En avril également, les salariés partent tourner un « Maurienne Mag » spécial en immersion à l’usine Rio Tinto Alcan, casque et équipement de sécurité de rigueur, pendant que les bénévoles continuent en parallèle les interviews du quotidien, Mélina, Jean-Claude et Pascale en tête.







Créapole, le premier anniversaire de la chaîne et le tournage à l’usine Rio Tinto Alcan (2011).
➜ Voir l’extrait sur le premier anniversaire de la chaîne à Créapole
2012 : les bénévoles sur tous les fronts
L’équipe de bénévoles continue de couvrir la vallée sous toutes ses formes : Bruno et Mélina en interview dans le studio, Valentine et Mareva en reportage extérieur, une présence remarquée sur un marché local, et un tournage marquant au PGHM, aux côtés des gendarmes de haute montagne et de leur hélicoptère de secours.






Une année de terrain, jusqu’au PGHM (2012).
2013 : Jean-Claude multiplie les tournages, Cédric rejoint l’équipe
Jean-Claude, président de l’association, enchaîne les tournages : un court de tennis, une visite industrielle, le lycée Paul Héroult. Cédric rejoint l’équipe et part filmer à Aiton, où l’équipe croise Miss Pays de Savoie, puis face à un fort de montagne enneigé, avant le traditionnel marché de Noël de Saint-Jean-de-Maurienne.








Une année de forte implication des bénévoles (2013).
2014 : de l’atelier de pâtes à Emmanuel Macron
Cédric continue les tournages, entre un atelier de fabrication de pâtes fraîches et un autre atelier artisanal. Mélina pose avec l’équipe autour de la bande dessinée « Les Colons de Rio de la Plata ». Et lors d’une visite industrielle à l’usine Rio Tinto Alcan de Saint-Jean-de-Maurienne, Cédric interviewe Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie et de l’Industrie.




2015 : Maurienne à table, un rassemblement « Je suis Charlie »
Jean-Claude lance « Maurienne à table » dans les cuisines d’un restaurant. Mélina part sur le terrain lors d’un rassemblement « Je suis Charlie » à Saint-Jean-de-Maurienne. Cédric, lui, enchaîne les interviews, jusqu’à une soirée nocturne à Orelle.




2016 : Florian rejoint l’équipe
Florian tourne à Saint-François-Longchamp. Cédric et Valentine, filmés par Gib, réalisent un sujet sur la mémoire des ardoisiers, un thème que l’association reprendra des années plus tard. Laetitia et Anne, bénévole, sont aussi au micro cette année-là.





2017 : Jarrienne des Cimes, la webcam du Chaussy
Toute l’équipe se retrouve en raquettes à Jarrier pour l’émission Jarrienne des Cimes. Mareva et Cédric couvrent la montagne sous toutes ses formes, jusqu’au col du Chaussy, où sera installée l’une des webcams les plus consultées du site aujourd’hui. Au marché de Noël, aux côtés d’Aurore, le nouveau logo #MauriennisezVous apparaît déjà sur le studio mobile.





2018 : sur le domaine des Sybelles
Serge, bénévole, part interviewer des skieurs au sommet du domaine des Sybelles.

2019 : Décapadiot, le Parc national de la Vanoise
Aurore interviewe les organisateurs du tout jeune festival Décapadiot. Cédric présente un « Maurienne Mag » spécial, en deux parties, consacré au Parc national de la Vanoise.
- Invité de la semaine : les organisateurs du festival Décapadiot
- Maurienne Mag #164, Parc national de la Vanoise (1ʳᵉ partie)
- Maurienne Mag #164, Parc national de la Vanoise (2ᵉ partie)
2020 : le Covid, puis les 10 ans de la chaîne
Au printemps, en pleine crise sanitaire, Cédric enchaîne les « Maurienne Flash » sur les mesures prises par les collectivités, la situation à l’usine Ferroglobe, ou l’analyse de la députée de Savoie Émilie Bonnivard. Laetitia présente de son côté un numéro consacré au musée des Costumes, Arts et Traditions. En septembre, malgré les masques, toute l’équipe se réunit pour fêter les 10 ans de Maurienne TV.




Les 10 ans de la chaîne, célébrés malgré le contexte sanitaire (septembre 2020).
- Maurienne Flash, Covid-19 : les mesures prises par les collectivités à Saint-Jean-de-Maurienne
- Maurienne Flash, Covid-19 : Ferroglobe, jour 24
- Maurienne Flash, Covid-19 : Émilie Bonnivard, députée de la Savoie, jour 32
- Maurienne Mag #168, le musée des Costumes, Arts et Traditions
2021 : un nouveau studio, une émission en direct sans public
Cédric continue de couvrir la vallée malgré les restrictions sanitaires, masque compris, jusqu’à Valloire. Le studio se refait une beauté sous la nouvelle identité « Maurienne TV, c’est ma TV ! ». Et l’équipe relève un défi inédit : une émission entièrement réalisée en direct depuis un théâtre, sans public dans la salle.






Une émission en direct depuis un théâtre vide, pendant les restrictions sanitaires (2021).
2022 : sur les pistes avec Eva
Eva rejoint l’équipe : elle tourne à La Toussuire, puis retrouve Cédric au marché de Noël de Saint-Jean-de-Maurienne.

2023 : de Pontamafrey à Hermillon
Une année de reportages variés : Eva au vernissage de l’exposition « Autoportrait » de l’Atelier Indigo à Pontamafrey, Cédric à la Grande Odyssée VVF aux Karellis puis sur un « Snooc », Florian à la base nautique du Mont-Cenis et à l’inauguration de la centrale hydroélectrique de La Tour-en-Maurienne, à Hermillon, et Cédric encore au Forum des associations de Saint-Jean-de-Maurienne.
- Vernissage « Autoportrait » de l’Atelier Indigo, à Pontamafrey
- La Grande Odyssée VVF 2023, aux Karellis
- Maurienne Reportage #305, le Snooc
- Maurienne Reportage #321, la base nautique du Mont-Cenis, à Val-Cenis
- Inauguration de la centrale hydroélectrique de La Tour-en-Maurienne, à Hermillon
- Forum des associations, à Saint-Jean-de-Maurienne
- Maurienne Reportage #300, le Monoski, à Saint-Sorlin-d’Arves
2024 : en attendant les JO
Maxime présente un épisode de la série « En attendant les JO ! », consacré aux Bleuets de Maurienne.
Une aventure humaine, bien plus vaste que ces quelques pages
Ce que vous venez de lire n’est qu’un aperçu. Depuis 2007, des dizaines de bénévoles se sont relayés au micro, à la caméra, au montage : Alain, Josette, Pascale, Gib, José, Catherine et Alex au tout début, puis Rémi et Gilbert, Jean-Claude, Cédric, Mélina, Valentine, Mareva, Bruno, Laetitia, Anne, Florian, Serge, Aurore, Eva, Maxime, et tant d’autres non cités ici faute de place. Des milliers d’heures de tournage, de montage et de diffusion, sur près de vingt ans, pour une seule idée : montrer la vallée telle que ceux qui y vivent la connaissent.
Mais la vraie richesse de cette aventure n’est pas dans les noms de ceux qui tenaient la caméra : elle est dans tous ceux qu’ils ont mis en lumière, de l’autre côté du micro. Un vice-président de communauté de communes venu lancer une chaîne locale, une basketteuse d’un club de la vallée, des gendarmes du PGHM devant leur hélicoptère, une Miss Pays de Savoie croisée à Aiton, une députée interrogée en pleine crise sanitaire, et jusqu’à un ministre de l’Économie devenu depuis président de la République. Entre ces personnalités, des centaines d’habitants de la vallée, bénévoles associatifs, artisans, sportifs, enfants croisés sur un marché de Noël ou anciens venus témoigner d’un temps que personne d’autre n’aurait filmé. Des liens tissés, une fierté partagée, une vallée qui se raconte elle-même plutôt que d’être racontée de l’extérieur.
Depuis 2010, la Communauté de communes Cœur de Maurienne Arvan porte la chaîne et lui a donné les moyens professionnels de grandir : des salariés, un studio, un signal diffusé sur tout le territoire. Mais cette page ne rassemble que quelques dizaines de photos et de vidéos, choisies parmi des milliers d’heures d’archives portées, elles, par l’engagement bénévole : c’est lui qui a donné naissance au projet en 2007, qui continue de tisser au quotidien ce lien de confiance avec les habitants de la vallée, et qui anime aujourd’hui #MauriennisezVous.
Merci
Merci à Alain Viard et à Jean-Claude Marcelli, les présidents qui ont porté l’association depuis sa création. Merci à Gib et à Rémi, les deux premiers salariés, venus du monde bénévole et toujours attachés à cette aventure. Merci à Josette, Pascale, José, Catherine, Alex, Cédric, Mélina, Valentine, Mareva, Bruno, Laetitia, Anne, Florian, Serge, Aurore, Eva et Maxime. Et merci à toutes celles et tous ceux, bien plus nombreux, dont le nom n’apparaît pas sur cette page mais qui ont, un jour, tenu une caméra, posé une question ou simplement donné un peu de leur temps : merci à eux, merci à tous.
Merci à chaque bénévole qui a pris sur ses congés, sur ses soirées, sur son temps libre pour se déplacer aux quatre coins de la vallée. Merci à celles et ceux qui ont filmé, à celles et ceux qui ont passé des heures au montage, à celles et ceux qui ont tenu le site à jour, rédigé la lettre d’info, répondu au téléphone ou tenu les comptes. Merci enfin à la Communauté de communes Cœur de Maurienne Arvan (3CMA), qui porte la chaîne Maurienne TV et lui donne aujourd’hui les moyens de grandir, et à tous nos partenaires : rien de tout cela n’aurait été possible sans eux. Chacune de ces contributions, souvent invisible à l’écran, a fait de Maurienne TV une œuvre collective de valorisation de la Maurienne, le fruit d’une belle collaboration entre une Communauté de communes et une association de bénévoles, au service d’une seule et même vallée.
Une télé de vallée, faite par ses habitants
Dans ces premières années, Maurienne TV filme ce que personne d’autre ne filme : les fêtes de village, les assemblées, les métiers, les visages de la vallée. Pas de studio, pas de budget, pas de journaliste professionnel : une caméra, un pied, et des gens qui acceptent de parler.
C’est cette période qui a forgé la méthode encore appliquée aujourd’hui : on se déplace, on laisse la personne aller au bout de sa phrase, et on garde tout.
Deux films qui racontent cette histoire
Deux films racontent cette histoire mieux qu’un texte : le portrait de Gib, la voix de La Fibre, et La naissance d’une télé locale.
Maurienne TV en images, de 2006 à 2012
Six clichés pris dans nos archives : les premiers tournages, le matériel de l’époque, les visages de l’équipe. Une année par photo.
➜ L’album photo complet des premières années de l’association, la rétrospective, année après année, depuis les débuts de Maurienne TV.
Maurienne TV aujourd’hui, et ce que nous sommes devenus
Maurienne TV n’a pas disparu. La chaîne est aujourd’hui gérée par la Communauté de communes Cœur de Maurienne Arvan.
Ces années-là, elles, ont fait naître une équipe. Constituée en association, elle a déposé la marque #MauriennisezVous et produit aujourd’hui ses propres contenus : ses tournages, ses formats, ses événements.
Depuis juin 2021, tout est réuni sur MAUZ, notre chaîne YouTube : plus de 300 vidéos, une vingtaine de playlists, sans publicité. Le fil direct avec l’esprit des débuts, c’est Le Quart d’Heure Mauriennais, même principe qu’en 2006 : quinze minutes pour quelqu’un de la vallée.
➜ Je m’abonne à MAUZ sur YouTube
- Notre histoire, année par année
- Ce que fait l’association aujourd’hui
- Le pôle Mémoire : collecter et numériser les témoignages
Onze reportages tournés à cette époque
Une sélection de tournages de 2021 à 2023, quand l’équipe filmait encore sous la bannière Maurienne TV :
- Un sondage mené auprès des Mauriennais sur l’avenir de Maurienne TV (2021)
- Coulisses de la rencontre avec Aurore Choo, autrice du livre (s’)EXPLORER
- Charbon blanc, le livre-enquête de Téo Becher sur le passé industriel de la vallée
- Deux tournages avec l’équipe de La Place du Village, l’émission culte de Jean-Noël et Philippe Deparis
- Reportage au Salon de l’Artisanat Mauriennais, à la Redoute Marie-Thérèse d’Avrieux
- Pépite Story : portrait de Jacky et Maxime Opinel, à la Kaftier
- Reportage au Salon des vins et des saveurs de Saint-Jean-de-Maurienne
- Rétrospective 2022 : 22 vidéos de l’année, épisode par épisode
- Tournage et interviews de mushers à la Grande Odyssée VVF, aux Karellis
- Un appel à bénévoles pour rejoindre le pôle vidéo de l’association
- Escape game au Grand Filon, musée du fer de Saint-Georges-d’Hurtières, Reportage #319
Vous avez des images, des cassettes ou des photos de cette période ? Écrivez-nous : nous numérisons et nous archivons.


