Salon du livre d'Hermillon : nos débuts en plateau télé (2007-2009)
Avant d’être #MauriennisezVous, l’association s’appelait La Fibre Mauriennaise. C’est là, sur les tables cirées de l’ancienne bibliothèque d’Hermillon puis dans les allées du Salon du livre, qu’elle a appris à faire de la télévision.
2006, l'année sans nom
Avant d’avoir un nom, l’association n’était qu’une poignée de bénévoles réunis autour d’une caméra pendant le passage du Tour de France en Maurienne. Alain Viard, futur premier président, José, Pascale, Gib : une bande qui filme parce que ça lui plaît, sans statut, sans local. C’est cette même année, en marge du Salon du livre d’Hermillon, qu’ils montent leur tout premier studio (une table, deux chaises, une caméra) avec un partenaire qui ne les lâchera plus pendant des années : l’Université de Savoie.
Six mois plus tard, le 6 mars 2007, La Fibre Mauriennaise dépose ses statuts. Le Salon du livre d’Hermillon, lui, existe déjà depuis presque vingt ans : créé en 1989 par Mme Julien et Léopold Durbet, il en est cette année-là à sa 18e édition. Deux histoires qui ne demandaient qu’à se croiser.
2007 : « Nous avions fait très fort à cette époque »
Les 20 et 21 octobre 2007, pour la 18e édition du salon, l’association revient à Hermillon. Cette fois, elle pousse le bricolage plus loin encore.

Alain le racontera plus tard, en ressortant les photos pour les nouvelles recrues : « Nous avions fait très fort à cette époque !! » Concrètement : une diffusion en direct sur le réseau câblé de Saint-Jean-de-Maurienne, des caméras mobiles bricolées à partir de PC portables et de webcams en wifi, et une vraie table de mixage professionnelle, prêtée par l’Université de Savoie : un choix presque téméraire pour une jeune association, en 2007.
Le montage technique tient du système D absolu : le PC personnel d’Alex, des écrans de récupération, et une connexion fibre installée par la SOREA, le gestionnaire du réseau câblé, pour la seule durée de l’événement. Le logiciel libre VLC fait le lien entre un PC posté au salon et un second, installé à la tête de réseau de la SOREA, qui bascule le tout sur une chaîne de la télévision câblée. Sur le papier, tout peut lâcher à chaque instant. Dans les faits, aucune panne : en 2007, ces quelques bénévoles viennent de mettre en direct, sur une chaîne de télévision par câble, un plateau monté avec les moyens d’une association qui n’a même pas un an.
Il ne reste de ce week-end qu’un fragment de vidéo brute, tourné avec un matériel qui peinait déjà à suivre les ambitions de l’équipe. Mais ce court extrait, passé en boucle, suffit à montrer l’ambiance :
Le partenariat, lui, a un nom précis : les étudiants de l’IUT Services et Réseaux de Communication (SRC) de Chambéry, venus avec leur matériel et leur savoir-faire technique épauler une équipe qui, pour beaucoup, découvre le métier en le pratiquant.


Sur les photos qui restent de ce week-end, on devine tout ce que ça suppose en coulisses : un break chargé de cartons et de rallonges électriques sur le parking, un rack de matériel hérissé de câbles, des retours vidéo empilés sur des téléviseurs à tube cathodique. Au milieu de tout ça, Gib, que tout le monde décrit « en chef d’orchestre », et José à ses côtés.
Devant la caméra, dans un coin de plateau tendu de tissu bleu, en plein cœur du salon, les interviews s’enchaînent. Carine, bénévole, prépare chaque passage, les affiches du salon en fond de décor. Ces deux éditions resteront son unique passage dans l’aventure de l’association.

Le direct, lui, dépasse largement les murs du salon. Dans un monde sans smartphones, avec un internet encore balbutiant et Dailymotion à peine né, la chaîne câblée reste le seul écran : à Saint-Jean-de-Maurienne, les abonnés au câble regardent, en direct, Pascale mener ses interviews à Hermillon. Quelques jours plus tard, en faisant ses courses au supermarché, elle se fait reconnaître par des inconnus qui l’avaient vue à l’écran la veille. La preuve la plus concrète qui soit : le pari du direct a fonctionné.
Neuf jours plus tard, le 30 octobre 2007, l’équipe est de retour dans ses locaux de l’ancienne bibliothèque d’Hermillon. Les seules traces qu’il en reste : deux photos, ressorties par Alex en 2015 en réponse à un message sur la liste de diffusion de l’association :
« Quelques archives de La Fibre Mauriennaise. Salon du livre 2007 : (Hermillon). Interview live diffusées sur le réseau câblé, avec l’aide des étudiants de l’IUT SRC de Chambéry. »
« Dans la même veine : les anciens locaux de l’association, prêtés par la mairie d’Hermillon. »
Alex, mail à la liste de diffusion de l’association, 1er août 2015

2008, un salon « exceptionnel »
Cette année-là, le Salon du livre d’Hermillon sort de son format habituel. Entre les tables de dédicace, le programme s’enrichit d’une série de démonstrations du PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne) en extérieur, hélicoptère de secours compris. De quoi faire lever le nez du livre à plus d’un visiteur, et Gib avec eux, caméra à l’épaule au milieu d’un pré, objectif braqué vers le ciel.


L’association profite de l’occasion pour réaliser une bande-annonce vidéo, diffusée sous la bannière naissante Maurienne TV : un an avant sa naissance officielle, le nom circule déjà. Le détail exact de cette édition particulière s’est perdu depuis ; pour le retrouver, ou découvrir les prochaines, direction le site officiel du Salon du livre d’Hermillon.
2009 : la 20e édition et la naissance de Maurienne TV
Le week-end des 17 et 18 octobre 2009, le Salon du livre d’Hermillon souffle ses vingt bougies. Un thème à la hauteur de l’événement : « Aux sources du futur ». Vingt ans plus tôt, Mme Julien et Léopold Durbet (déjà croisé dans l’histoire de l’association, du côté du projet mémoriel Souvenance) lançaient ce qui allait devenir un rendez-vous incontournable de la vallée. Michel, président de l’association Le Colporteur (organisatrice du salon depuis l’origine), y était bénévole dès la première édition en 1989.

Pour l’association, c’est un double anniversaire : cette 20e édition du salon est aussi l’année où le nom Maurienne TV voit officiellement le jour. Les interviews continuent de plus belle : Pascale interroge Michel devant la caméra de Gib, José filme près du stand des auteurs locaux, et Alain, le président, n’hésite pas à filmer lui-même depuis la mezzanine, caméra floquée du logo de l’association.



Trois ans à peine après le bricolage de 2006, ce petit groupe réuni autour d’une caméra a désormais un nom, une antenne câblée, un partenariat universitaire solide, et une méthode : être là, filmer en direct, et donner la parole à ceux qui font vivre la vallée. Le partenariat avec l’IUT de Chambéry, lui, se poursuivra encore quelques années, mais sans l’association, happée dès 2010 par le lancement de Maurienne TV.
Et depuis ?
La tradition ne s’est jamais interrompue. En 2022, pour la 33e édition, l’association couvrait la venue d’un auteur mauriennais autour du « plus grand livre de France » et retraçait, affiche par affiche, l’histoire du salon depuis 1989 avec l’artiste à l’origine de la plupart d’entre elles :
En 2024, pour la 35e édition, c’est au tour de Guillaume Desmurs (journaliste, écrivain, fondateur du Lama Project) d’être reçu en conférence pour parler de son roman alpin Saskia et de la transition économique des stations de ski :
De studio de fortune à plateau rodé, le Salon du livre d’Hermillon restera, pour #MauriennisezVous, une école grandeur nature. Envie de découvrir la suite de cette aventure ? Retrouvez toute l’histoire de l’association, de 2006 à aujourd’hui.

