Trois femmes au cœur des chantiers de Maurienne : des parcours d’exception

En cette Journée internationale des droits des femmes, #MauriennisezVous donne la parole à celles qui construisent — littéralement — l’avenir de notre vallée. Trois professionnelles nous emmènent sous la montagne, là où se creuse le futur de la Maurienne. Expertise de haut vol, parcours hors normes et enracinement volontaire dans nos montagnes : leurs témoignages bousculent les clichés et inspirent.

Rebiha : des équations aux tunnels, la qualité comme fil rouge

Rien ne prédestinait Rebiha au monde souterrain. Formée en mathématiques et informatique à Alger, c’est comme traductrice sur un chantier de métro qu’elle pose pour la première fois les pieds sous terre. Le choc est immédiat : la puissance des tunneliers, la précision des équipes, l’ampleur de l’ouvrage. Elle décide alors de se former pour devenir Chargée Qualité, Prévention et Environnement (QPE).

Son quotidien : s’assurer que chaque matériau, chaque procédé, chaque document respecte les normes les plus exigeantes. Un rôle invisible mais essentiel pour garantir que ces ouvrages tiendront des décennies. Pour Rebiha, la mixité sur les chantiers n’est pas un slogan — c’est un levier concret de fluidité et de complémentarité dans les équipes. Désormais installée en Maurienne, elle savoure le calme des montagnes après le tumulte des métropoles. Son credo tient en quatre mots : « Fais-le et fonce. »

Georgiana : la maquette numérique qui traversera le siècle

Du Grand Paris Express aux profondeurs de la Tamise, Georgiana — que tout le monde appelle Gigi — a construit sa carrière dans les entrailles des grandes capitales. Originaire de Roumanie, elle a posé ses valises en Maurienne il y a deux ans, attirée par des défis géologiques qu’on ne rencontre nulle part ailleurs.

Responsable BIM (Building Information Modeling) et Études d’exécution, Gigi pilote le jumeau numérique 3D du tunnel — une maquette qui concentre l’ensemble des données de construction et servira de référence pendant cent vingt ans. Elle observe une vraie évolution des mentalités dans le BTP, où diplomatie et coordination sont devenues des compétences aussi précieuses que la technique pure. Sportive, conquise par les sommets mauriennais, elle mesure chaque jour la fierté de bâtir un ouvrage d’utilité publique destiné à traverser les générations.

 

Léa : sous la roche, transmettre la flamme

Chez Léa, le BTP coule dans les veines. Conductrice de travaux spécialisée dans l’excavation traditionnelle à l’explosif, elle pilote l’avancée du chantier au jour le jour, en composant avec les surprises de la géologie. Bureau le matin, front de taille l’après-midi : son quotidien est un aller-retour permanent entre la planification et la réalité brute de la roche.

Sur le chantier, la confiance se construit à la roche et au respect. Léa apprend chaque jour au contact des compagnons les plus expérimentés et met un point d’honneur à transmettre cette passion à son tour. Elle intervient régulièrement dans les établissements scolaires pour dire aux jeunes filles qu’aucun métier ne leur est fermé. Sa conviction : seule l’envie devrait dicter un choix de carrière, jamais le genre.

La Maurienne, terre de bâtisseuses

Rebiha, Gigi, Léa : trois parcours, trois expertises, un même ancrage en Maurienne. Leurs portraits montrent que la vallée attire et retient des talents venus de tous horizons — et que le BTP, loin de l’image qu’on lui prête encore parfois, offre des carrières exigeantes, riches de sens et ouvertes à toutes.

Retrouvez l’intégralité de leurs témoignages dans nos derniers épisodes du Quart d’Heure des Mauriennaises et Mauriennais. Des parcours à écouter pour quiconque rêve de concilier ambition professionnelle et cadre de vie au pied des sommets.

À écouter en podcast

Retrouvez ces trois témoignages en intégralité dans Le Quart d’Heure des Mauriennaises et Mauriennais, disponible sur Spotify, Deezer et Amazon Music.

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